Un décorateur qui voudrait associer sa toile avec un instant unique exercerait une impression préventive et

L’effet de contraste est irrésistible, entre ce viveur fatigué, ce protecteur de filles, protégé lui-même par des usuriers, et la figure de roi que la marche nationale illyrienne avait annoncée et parée d’avance d’une héroïque majesté. C’est d’ailleurs là un sujet que des pages ajoutées à des pages n’épuiseraient pas. Enfin il faudrait que chaque objet du monde extérieur eût une représentation identique dans chaque cerveau humain. Cependant la littérature, même avant qu’elle fût en proie au naturalisme, tenait compte dans une certaine mesure de l’influence des forces de la nature sur la décision humaine et partant sur l’évolution du drame. Je n’ai à m’occuper que de la mise en scène, et en particulier de la représentation des drames empruntés au théâtre des Anglais, des Espagnols et des Allemands.

Il est donc impossible que le costume n’ait point part à toutes les modifications physiques et morales auxquelles nous sommes soumis incessamment.

La mise en scène ne doit pas proposer à l’esprit de coordinations contradictoires.

Au commencement du deuxième acte, au moment du départ des moissonneurs pour les champs, se place la chanson de Sûzel, dont le choeur reprend le dernier vers: Ils ne se verront plus! Le chant de Sûzel se trouve amené naturellement dans la pièce, et cependant, en dehors de l’effet touchant qu’il prépare pour la fin de l’acte, il n’offre guère que l’intérêt de l’exécution musicale, puisque Sûzel est en scène; et à la Comédie-Française cet intérêt est, il est vrai, très vif parce que l’actrice qui remplit ce rôle a une remarquable diction, aussi large et aussi pure quand elle chante, même sans accompagnement, que lorsqu’elle parle.

En sculpture et en peinture, une oeuvre destinée à être regardée à une distance de trente mètres est d’un travail absolument différent de celle qui doit être vue à une distance de trois ou quatre mètres. Qu’importe d’où viennent et où vont Scapin, Lisette, Géronte, Éraste et Isabelle, réunis par le caprice du poète dans un même enchevêtrement d’événements, pourvu que nous riions des fourberies de l’un, de la malice de l’autre, de la sottise de celui-ci, et que nous assistions au triomphe final des amants! Qu’importe qu’ils se rencontrent ici ou là, dans un décor représentant un appartement ou une place publique! C’est par pure bonté d’âme que le poète daigne parfois nous apprendre que la scène se passe à Naples ou à Paris: nous n’avons que faire de le savoir, puisque ce sont les mêmes personnages, qu’il transporte à son gré aux quatre coins du monde.

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