Spectacle véritablement tragique, mais qui n’est si grand que parce que notre douloureuse sympathie a été

Du costume de Théramène. Des images, diffuses ou instables, semblent venir du lointain le plus reculé et forment cette mise en scène idéale que nous projetons objectivement dans l’espace incertain.

Notre imagination seule crée la mise en scène tragique. Et en effet, le vaudeville a disparu dans une évolution de l’art dramatique moderne, évolution qui a consisté en ce que la musique, d’extérieure et d’étrangère qu’elle était, est montée à son tour sur la scène et est devenue un personnage du drame.

Les arbres de la décoration, quelque fort que soit le sifflement du vent, ne resteront pas moins immobiles, et que ce soit avant, pendant ou après la tempête, ils seront toujours identiques, à eux-mêmes. La mise en scène, considérée à ce point de vue, est non seulement un art, mais une science dont le fondement est pour ainsi dire mathématique. Qui songe à reprocher à ces personnages de s’asseoir et de discourir au beau milieu d’une place publique? Qu’importe, pourvu que ces personnages nous éblouissent des étincelles de leur esprit, que la vérité psychologique et que l’observation morale naissent du choc de leurs caractères et du conflit où les engagent leurs passions! Ce spectacle a le pouvoir magique d’offrir à nos méditations l’être humain, dégagé de toutes les réalités qui l’encombrent et le masquent.

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