Si nous n’avions en vue que l’effet représentatif produit sur des contemporains à une époque donnée,

Corneille, Racine et Molière servent de conscience, soyons-en sûrs, à ceux-là mêmes qu’enivre la popularité, et que semble aveugler le contentement de soi-même. Les auteurs se sont trompés sur la mise en oeuvre du ressort musical. C’est une succession de tableaux de genre, faits d’après nature, à tous les degrés de la vie sociale, depuis ses bas-fonds jusqu’aux couches supérieures. L’exécution des décorations est donc précédée d’un travail très délicat où le goût et la science de composition ont également leur part. Voilà le costume homérique sous lequel doit apparaître aux spectateurs le chef suprême des Grecs. Comment se fait-il que dans la tragédie on n’ait pas davantage senti la nécessité d’ajuster l’aspect des personnages aux divers états psychologiques qu’ils traversent? Sans doute, il faut le faire avec une grande sobriété et ne pas se laisser entraîner à l’unique représentation de faits matériels qui jouent un rôle très restreint dans la tragédie; mais quand un état moral est de nature à agir sur tout l’être, l’unité absolue de costume peut être parfois un contresens et avoir une influence funeste sur la composition d’un rôle.

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