Si le lecteur a suivi avec quelque attention ce que nous avons dit sur la manière

Spectacle aimable, sans fatigue, plaisir mêlé d’un attendrissement délicat et modéré, comme il sied à un public qui n’a pas besoin d’être violemment secoué. Mais nulle part ici-bas la mort n’est un anéantissement dans le sens exact du mot; c’est une dissolution de parties, une désagrégation suivie d’une redistribution des éléments suivant de nouvelles combinaisons, en un mot, une transformation de matière et un transport de forces.

Il y a telle occurrence où un magistrat ne se conduira pas comme un militaire. Ce qui diminue toutefois un peu l’étendue de ces zones, c’est l’obliquité qu’on donne aux décors et le fréquent usage des pans coupés. Il en est de même dans les scènes successives; car chacune d’elles a en quelque sorte ses péripéties et son dénouement. Mais peu à peu l’intérêt s’accroît, à mesure que la passion se dégage et que sous le personnage historique ou légendaire apparaît le type humain créé et mis en scène par le poète, c’est-à-dire à mesure que l’art se manifeste et que le génie du poète, s’essayant à un jeu divin, infuse dans les fantômes qu’il évoque à nos yeux la vie et toutes les passions qui en font le charme ou l’horreur.

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