Pour éclaircir cette question, il convient d’examiner à ce point de vue deux oeuvres dramatiques dans

Autrefois, on aurait pu concevoir uniquement trois décorations, autrement dit trois milieux, un milieu grand seigneur, un milieu bourgeois et un milieu populaire. Dans ce cas, assez fréquent d’ailleurs dans une troupe d’élite comme celle de la Comédie-Française, on sent longtemps d’avance se dessiner le succès; il suffit au commencement de la représentation d’une intonation particulièrement juste, d’un geste d’une saisissante précision, pour établir entre la scène et la salle ce courant sympathique qui électrise en même temps les acteurs et les spectateurs. De même l’histoire, les idées, les moeurs de l’Athènes de Périclès nous sont plus familières que celles des premiers siècles de notre ère, et même que celles de nos ancêtres directs. Cette contradiction optique provient, on le sait, de ce que la profondeur de la scène est en grande partie fictive. Puis vient la composition de la figuration, et son instruction orchestrique, s’il y a lieu. Lorsque son chagrin inquiet l’arrache de son lit, est-ce bien là le costume d’une femme mourante et qui cherche à mourir? Phèdre, surexcitée par la pensée qui l’obsède sans trêve, agitée par la fièvre qui la dévore, a voulu quitter sa couche, revoir la lumière du jour, peut-être retrouver quelques traces fatales de cet Hippolyte dont le fantôme habite sa pensée.

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