Nous en revenons à ce que nous avons exposé dans les premières pages de cet ouvrage,

La mise en scène est conditionnée par la logique de l’esprit, qui est exactement la même au théâtre que dans la vie réelle. On en aura une idée approximative quand on se sera rendu compte que l’esprit est occupé à la coordination d’un nombre considérable d’impressions auditives, visuelles et intellectuelles, dont les éléments changent constamment, se compliquent, se croisent, s’ajoutent ou se retranchent dans un mouvement incessant. La mise en scène d’un tel poète sera toujours difficile à réaliser. Chez les anciens, le rôle du choeur était bien plus considérable que ne l’est jamais chez les modernes la figuration. D’où résulterait la nécessité d’accroître indéfiniment le nombre d’acteurs composant une troupe de théâtre. La diction et les gestes doivent, eux aussi, concourir au même effet général, s’écarter de la logique dans les limites du compréhensible, et présenter toujours un rapport, amusant pour l’esprit, entre la fiction et la réalité. Dans un trophée d’armes, toutes n’auront pas besoin d’être réelles, si toutes ne doivent pas éveiller une égale attention dans l’esprit du public.

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