L’excès de la mise en scène nuit à l’intégrité du plaisir de l’esprit

Nous arrivons ainsi, par un autre chemin, à la même conclusion que dans le chapitre précédent. Or comme au théâtre il ne s’agit jamais que de la représentation de la vie et de tous les actes qui la composent, ni l’auteur, ni le metteur en scène, ni les acteurs ne doivent s’attacher à reproduire la réalité, mais seulement l’image qui est la représentation idéale du réel. C’est là ce qu’il fallait imiter, et ce qu’on s’est décidé à faire par intuition peut-être plutôt que conduit par le raisonnement.

L’agitation du héros est interne et ne deviendra en quelque sorte externe que lorsque le sentiment qui l’anime, de délibératif qu’il était, deviendra résolutif. On en a un exemple saisissant dans l’_Oedipe roi_, tel qu’on le joue à la Comédie-Française où il est admirablement mis en scène. Pour en revenir à la mise en scène, si l’on faisait une étude comparative des pièces d’observation pure et des pièces qui sont fondées sur la fantaisie, on remarquerait que les premières demandent plus de vérité que les secondes dans l’effet représentatif, et surtout plus de soin dans la composition du matériel figuratif.

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