Le salon d’une femme du monde n’aura pas le même aspect que celui d’une demi-mondaine, et

Il n’y a qu’un cas où l’acteur peut tourner le dos à celui qu’il évoque ou qu’il invoque, c’est lorsque celui-ci est un fantôme qui n’a de réalité que dans l’imagination du personnage. On se trompe souvent, soit que l’acteur ne donne pas tout ce qu’il promettait, soit que la scène modifie complètement son image théâtrale. C’est que la valeur représentative et la valeur poétique d’une oeuvre dramatique ne se composent pas des mêmes éléments, et par conséquent n’ont pas de commune mesure.

N’est-ce pas d’ailleurs la loi naturelle? Les femmes qui veulent plaire n’ajustent-elles pas leurs toilettes à l’air de leur visage? Les acteurs et les actrices sont soumis à la même loi. Outre qu’il serait absurde de couvrir la voix de l’acteur, il sait qu’il ne produira d’illusion que pendant un temps relativement court, à la condition qu’il ne fera que déterminer chez le spectateur une sensation rapide, destinée à s’associer à l’action, et qu’il ne détournera pas l’attention de celui-ci sur ses imitations approximatives des phénomènes de la nature.

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