«la scène est à trézène, ville du péloponèse

Il vient d’apprendre la mort violente de Jocaste et d’entendre le récit lamentable de l’attentat d’Oedipe sur lui-même. Cette ample pièce d’étoffe, d’un caractère bien antique, ne joue pas, dans la mise en scène de nos tragédies, le rôle qui devrait lui appartenir. Quand on transporte le monde extérieur, objets ou phénomènes, sur la scène, on n’en donne naturellement qu’une copie, qu’une imitation. C’est ainsi qu’à l’heure actuelle il me paraît nécessaire de retirer _Phèdre_ du répertoire de la Comédie-Française (nous en verrons plus loin les raisons), et d’attendre un certain temps avant d’en faire une reprise étudiée.

La vie était alors plus facile et plus unie; le spectacle était une récréation qu’on goûtait innocemment, un jeu dont on connaissait l’artifice et auquel on s’abandonnait sans arrière-pensée, pour le plaisir du jeu lui-même. Quand on croit avoir affaire à un tempérament personnel d’une certaine valeur, il est préférable de mettre l’artiste aux prises avec un grand rôle, dût ce premier essai ne pas être couronné de succès, car le contraste même, entre le rôle qu’il remplit et sa personnalité scénique, mettra celle-ci en pleine lumière et lui permettra de s’affirmer au grand jour de la rampe.

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