Il faut reconnaître que la réalité est en soi quelque chose qui échappe à la certitude

La perspective d’un décor doit être considérée comme rationnelle, par rapport du moins à une rangée de spectateurs. Aux uns, c’est la poésie qui procure seule cette sensation du beau; aux autres, c’est la peinture, à ceux-ci c’est la musique, à ceux-là c’est la nature. L’art dramatique ne peut se soustraire aux lois qui dominent notre être tout entier. Sans doute la plupart des spectateurs sont armés de lorgnettes qui comblent en partie cette distance, mais il n’y a pas à s’arrêter à cette objection; car, s’il y a un fait certain, c’est que la lorgnette est destructive du plaisir théâtral, puisqu’elle a pour effet de rompre l’illusion que l’on a eu quelquefois tant de peine à produire. Le repas que l’on sert au premier acte nécessite un grand nombre d’accessoires, qui ont chacun une certaine importance, les uns parce qu’ils ont un rapport avec le texte, les autres parce qu’ils servent à des combinaisons scéniques. Soudain sur l’escalier d’honneur, supposé en dehors de la scène, éclate la marche nationale illyrienne. Quand le rideau tombe, l’esprit du spectateur, dégagé de l’étreinte du poète, redevient immédiatement libre. Le spectateur se trouve ainsi préparé à telle évolution du drame, à tel acte tragique d’un personnage, à tel dénouement. Des différents styles.

Du costume de Thésée.

Nous voyons le passé sous un angle différent. Pièces d’ordre composite. Le peintre a ainsi associé une tourmente de la nature à un acte criminel. De telles révolutions sont lentes et ne se font pas par de brusques changements à vue. En généralisant le phénomène, on peut dire que dans un temps réel infiniment petit nous pouvons faire tenir un temps imaginaire infiniment grand. D’autres plus complaisants diront que ce sera la vie qui, en absorbant l’art, en recevra une beauté nouvelle.

Je la ramènerai à des proportions plus modestes, et je la limiterai au sujet spécial que je traite.

Pour être accessible à un pareil sentiment, il faudrait ne pas être convaincu comme je le suis que l’esprit de l’homme doit la majeure et la meilleure partie de ses créations en apparence les plus originales à une collaboration incessante, quoique souvent insaisissable et secrète.

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