Il faut naturellement tenir compte des rapports qui enchaînent les personnages à des objets fixes, placés

Quand l’acteur est sur l’avant-scène il est à son plan; mais à mesure qu’il s’avance vers le fond de la scène, il monte, et, par conséquent, loin de diminuer dans la proportion exigée par la perspective du décor, il semble au contraire grandir et n’est plus en rapport avec les objets dont les dimensions sont calculées d’après le plan qu’ils occupent dans la perspective fuyante de la scène. Loin des yeux des soldats, il est redevenu père, et s’abandonne aux mouvements généreux de son âme. Il est inutile d’insister: il y a dans tous les arts des règles de détail qui ne relèvent que du bon sens. Elle devra souvent être d’ordre composite, associant le faux et le vrai, poursuivant souvent l’impossible, découpant ou étageant la scène, tantôt étalant au premier plan les pauvretés maladroites de ses décors peints, tantôt se lançant dans le luxe exagéré des décorations d’opéra. Les Grecs contemporains de Sophocle ne reconnaîtraient certainement pas la tragédie du plus grand de leur poète dans l’_Oedipe roi_ qu’on joue actuellement à la Comédie-Française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.