En un mot, il lui faut la foi, une foi en quelque sorte innée, pour croire

Il suffit de rappeler l’engouement peu justifié du public, à toutes les époques, pour tel poète ou pour telle oeuvre dramatique. Son aspect farouche doit d’ailleurs imprimer dans l’esprit des spectateurs une idée de rudesse inexorable; or modifier quoi que ce soit dans le costume sous lequel il nous apparaît, substituer à ce vêtement de soldat un plus riche costume de roi, ce serait en quelque sorte laisser planer l’espoir d’une magnanimité qui n’est pas dans son caractère entier et violent. C’est là que la faculté maîtresse se dévoile ou se montre décidément absente. Son oeil patient décompose ces masses et s’attache aux caractères particuliers qui différencient ces millions d’individualités. C’est que les Grecs concevaient de leur propre antiquité une image toute différente de celle que nous nous en formons, et avaient sur l’art tragique des idées très différentes des nôtres. Le théâtre nous donne absolument tout ce qu’il nous doit, des sensations optiques exactes; et comme nous ne pouvons contrôler ces sensations par le toucher, il n’a pas à se préoccuper d’une éventualité qui ne se produira pas.

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