Cette loi de proportion est souvent difficile à appliquer avec sagacité et montre avec quel soin

Nous voyons le passé sous un angle différent. Sitôt que l’oeil examine la mise en scène pour en tirer une induction sur le développement de l’action, tout rentre dans la décoration peinte; et le matériel figuratif ne se trouve en réalité composé que d’un très petit nombre d’objets. De la formation subjective des images. Un homme vif, actif, ne s’habille pas ou ne porte pas ses vêtements comme un homme lent et paresseux. D’ailleurs l’observation du temps exact n’est jamais nécessaire au théâtre. Nous devons maintenant examiner, au moins succinctement, la mise en scène d’un rôle et son rapport avec le développement de l’action, mais en nous préoccupant exclusivement de l’aspect du rôle et en laissant de côté tout ce qui touche à la déclamation. Or cette sensation, ce n’est pas la pitié que nous inspire Iphigénie qui nous la donne, ni la double anxiété de Chimène, ni l’enthousiasme contagieux de Pauline, ni la rage d’Hermione; non, cette sensation, dont le dieu nous secoue après avoir secoué le poète, n’est autre chose que la sensation du beau, c’est-à-dire ce trouble presque superstitieux de stupéfaction et d’admiration qui s’empare de nous, lorsque nous voyons une ébauche faite de main d’homme se revêtir soudain des signes supérieurs de la vie dont la volonté divine a marqué le front de ses créatures.

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