Au théâtre, le poète, présent mais silencieux, n’y peut plus animer la nature et lui insuffler,

Spectacle véritablement tragique, mais qui n’est si grand que parce que notre douloureuse sympathie a été préalablement éveillée par les angoisses du choeur qui se sont répercutées dans notre âme. Ils se proposent, pour fin unique: la poésie, le plaisir de l’esprit; la peinture, celui des yeux et la musique celui de l’oreille.

Est-ce vraiment dans cet accoutrement flottant, sans chapeau et sans armes, que Théramène accompagnait Hippolyte? Il semble qu’il vienne de faire une promenade idyllique autour du lac de Génésareth. C’est donc en résumé cette sensation réelle et tout organique qui constitue le plaisir particulier que nous allons demander aux oeuvres classiques. On voit en quels sens divers le talent d’un comédien peut toujours progresser par l’observation; c’est un art qui n’est jamais immobile, mais qui se renouvelle constamment et qui, dans son évolution, suit les évolutions des idées humaines. On peut donc, conclure que, dans une oeuvre dramatique moderne, la mise en scène devra réaliser avec le plus de soin possible tous les tableaux d’exposition, ceux où s’accusent le relatif des idées et des faits ainsi que l’influence des milieux sur les caractères et sur les passions; mais, à mesure que l’action s’approchera du dénouement, elle devra de plus en plus sacrifier, soit dans les décors, soit dans les costumes, soit dans la figuration, les traits particuliers qui faisaient la richesse des premiers tableaux, et peu à peu revêtir un aspect général qui puisse s’harmoniser avec ce qu’a d’absolu et de purement humain l’explosion psychologique et pathologique des passions.

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