A la première connaissance qu’il prend du rôle, il obéit à un mouvement naturel tout subjectif:

Le contraste apparent des images associées est donc la première loi de la fantaisie; mais la seconde loi est que ces images associées doivent présenter immédiatement à l’esprit un rapport inattendu, qui, bien que lointain et inaccoutumé, mette en relation des idées qu’on aurait pu croire absolument disparates.

Dans son costume actuel, Phèdre nous apparaît, sous ses couleurs naturelles, le cou et les bras nus, vêtue d’une tunique légère qui ne pèse d’aucun poids sur ses épaules: or, il est certain que l’actrice qui remplit ce rôle ne se sentira gênée ou retenue dans ses mouvements par aucun obstacle, et que cet affranchissement de toute entrave matérielle laissera à sa personne, et par suite à ses gestes et à sa voix, une liberté qui formera contraste avec la triste réalité de la situation décrite par le poète. La juxtaposition de la réalité empêche donc l’illusion de se produire au même degré que si le dénouement se profilait sur un décor de carton. Mais tel qu’il apparaît au début de la pièce, tel il doit rester jusqu’au dénouement.

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